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Samoa Air fait payer ses passagers selon leur poids

Un passager hors-norme

Un passager hors-norme

La petite compagnie aérienne du Pacifique a introduit une nouvelle politique tarifaire «plus équitable», selon elle. Un système qui lui permet aussi d’amortir les variations de coûts de carburant liées aux passagers et bagages en surpoids.

Pour voler avec Samoa Air, mieux vaut voyager léger. La petite compagnie aérienne des îles Samoa, qui a été lancée l’an dernier et exploite des appareils BN2A Islander et Cessna dans le Pacifique, a décidé de faire payer ses passagers en fonction de leur poids. Une «première mondiale», se félicite-t-elle sur son site Internet. «Nous menons une politique tarifaire équitable (…). Finis les frais exorbitants pour bagages excessifs, ou la facturation de bagages que vous ne transportez pas. Votre poids plus celui de vos valises, voilà ce que vous paierez.» Concrètement, Samoa Air demande à ses clients de saisir leur poids ainsi que l’estimation de celui de ses bagages lors de la réservation de billets d’avions en ligne. Son site Internet calcule ensuite le tarif du vol en fonction de ces données. Enfin, tous les voyageurs sont pesés à l’aéroport et le prix du billet réajusté si nécessaire.

«Un kilo est un kilo», déclare Chris Langton, le patron de la compagnie, sur ABC News. Les tarifs varient ainsi, selon la durée du vol et la distance parcourue, d’un dollar australien le kilo (0,81 euro) à 4,16 dollars (3,40 euros), détaille le Sydney Morning Herald . Ce système, qui a été introduit en janvier, permet par exemple à un couple voyageant avec deux enfants de payer moins cher qu’avant, d’après le patron du transporteur. «Les gens ont toujours payé leur voyage en fonction de leur siège mais, comme toutes les compagnies aériennes le savent, leurs coûts ne dépendent pas des sièges, mais du poids (des avions, NDLR)», conclut Chris Langton, selon qui le système «Payez ce que vous pesez» est le «concept du futur».

Certains experts partagent cet avis. Le professeur Ian Yeoman, chercheur spécialisé dans le développement du secteur du tourisme à la Victoria University of Wellington en Nouvelle-Zélande, souligne dans une étude sur la tarification selon le poids que :

«pour les compagnies aériennes, chaque kilo de trop signifie plus de carburant consommé, ce qui induit plus d’émissions de CO2 et plus de coûts»

Dans cette même étude, l’économiste norvégien Bharat P. Bhatta note que cette politique tarifaire permet aux compagnies d’amortir le surcoût en carburant lié au transport de personnes en surpoids.

Chasse aux kilos superflus

Sur le terrain, le sujet tracasse les compagnies aériennes depuis longtemps. Elles rivalisent d’ingéniosité pour alléger leurs avions. Sièges, chariots, rideaux, moquettes, gobelets ou plateaux, chaque kilo compte. L’an dernier, British Airways a débuté l’expérimentation d’une nouvelle peinture issue de la technologie militaire pour réduire sa facture de kérosène. Air France avait auparavant présenté un nouveau siège pour ses vols court-courriers, plus légers de 40%. Après avoir suscité des polémiques aux États-Unis, le principe d’une «tarification discriminante» est finalement entré dans les mœurs. Les compagnies américaines Southwest et United, mais aussi Air France, encouragent vivement les personnes obèses à acheter deux billets, invoquant des raisons de confort et de sécurité.

En France, la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a déposé fin 2012 une proposition de loi visant à interdire de surtaxer une personne de forte corpulence qui achète un billet d’avion. «Il s’agit là d’une discrimination choquante», explique-t-elle au Figaro. «Nombreuses sont les compagnies de transport qui adaptent la taille de leur siège au gabarit des populations. En France, la SNCF et la RATP ne font pas exception. Pourquoi le transport aérien ne connaîtrait il pas la même évolution?»

Source : Le Figaro

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