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Un neurologue souhaite greffer des têtes humaines d’ici 2 ans

La science continue d’avancer à pas de géants. Il y a quelques jours, le neurologue italien Sergio Canavero annonçait dans la revue Surgical Neurology International qu’il était maintenant possible de greffer des têtes humaines.

Techniquement, ce serait plutôt la greffe d’un corps à une tête sachant que c’est bien le cerveau qui renferme la conscience.

Le neurologue s’inspire des travaux de l’américain Robert J.White, un neurochirurgien mort en 2010 qui était connu pour ses transplantations de tête sur les singes. Il était parvenu dans les années 70 à greffer la tête d’un singe sur le corps d’un autre. L’animal avait bien survécu quelques jours, mais les dommages subis par les nerfs du cou étaient tels que son corps était resté paralysé.

Voir l’expérience dans la vidéo (en anglais) ci-dessous :

Le problème restait donc la reconnexion des moelles épinières.

Aujourd’hui, Sergio Canavero affirme que la science à sut résoudre le problème, expliquant qu’une moelle épinière tranchée nette peut se réparer d’elle-même du moment qu’on les remet correctement en contact dans un mélange de deux polymères, le polyéthylène glycol (PEG) et le chitosane. Ces produits activeraient une réparation des cellules nerveuses altérée comme le montrent les expériences menées par Richard B. Borgens et Debra Bohnert.

Une opération à 10 millions d’euros

Maintenant que l’on est capable de reconnecter un corps à une tête, il ne reste plus qu’à passer sur le billard.

Les receveurs seraient des personnes atteintes de cancer n’ayant pas de conséquences sur leur cerveau ou des tétraplégiques. Les donneurs seraient quand à eux en état de mort cérébrale. Une première équipe de chirurgiens refroidirait la tête du receveur en le plongeant dans un état d’hypothermie (« mort contrôlée »), le but étant de réduire au maximum les dégâts durant le temps où elle ne sera plus irriguée. Ensuite, les deux équipes préparent le cou des donneurs et receveurs en dégageant les muscles, vaisseaux sanguins, la trachée et l’œsophage (ce n’est pas beau à imaginer..). Enfin, après avoir sectionné les moelles épinières, on greffe la tête à son nouveau corps en reconnectant la moelle épinière grâce au fameux mélange de polymères.

Avant d’en arriver là, les chirurgiens devront réaliser des expérimentations, par exemple sur des humains en état de mort cérébrale. Sergio Canavero espère ainsi voir la première greffe de tête humaine dans deux ans. Son coût resterait toutefois exorbitant, atteignant les 10 millions d’euros selon lui.

De nouvelles questions éthiques en vue

Cette avancée scientifique si elle se confirme va soulever de nombreuses questions éthiques. Lui même s’interroge dans une interview au Matin. « Que se passera-t-il si un vieux milliardaire chinois réclame un nouveau corps ? Les médecins se serviront-ils dans les prisons comme c’est le cas pour certains organes ? » ou encore « Imaginons un nouvel Albert Einstein. On pourrait décider de greffer sa tête sur un corps pour l’empêcher de mourir. Des règles éthiques doivent être établies avant que le procédé ne tombe entre les mains de médecins peu scrupuleux. ».

Espérons que la société s’emparera suffisamment vite du sujet…

Source : Megamag.fr & PasseurDeSciences.blog.LeMonde.fr

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