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Paris : il a vécu 15 ans dans un 1,56 m² à 330 € par mois

Il a loué pendant quinze ans à Paris un logement de 4 m² très mansardé correspondant à 1,56 m² habitable. Il a assigné mardi son ex-propriétaire en justice lui réclamant plusieurs années de loyer de dédommagement.

Le logement de 1,56 m².

Le logement de 1,56 m² dans lequel vivait Dominique à Paris, loué 330 euros par mois.

L' »appartement » est à peine plus grand qu’un placard à balais. Un  homme a vécu quinze ans dans un logement parisien d’environ 4 m² sous les combles, dont seulement 1,56 m² est comptabilisé selon la loi. Il s’acquittait de 330 euros de loyer mensuel pour cette chambre sans douche ni WC, dotée d’un simple lavabo.

Mardi, le locataire a assigné son ex-propriétaire en justice . « C’est une nouvelle affaire de mal-logement qui présente un triste record », a plaidé Me Aurélie Geoffroy, son avocate. Elle réclame le remboursement de cinq ans de loyer, soit environ 19.000 euros et 5.000 euros à titre de préjudice moral. La décision sera rendue le 17 décembre.

Me Olivier Douek, le conseil de la propriétaire, qui n’était pas présente mardi au tribunal d’instance du 11e arrondissement en raison d’une grave maladie, a expliqué que sa cliente « reconnaît son erreur mais indique aussi qu’elle a fait appel à un professionnel de l’immobilier qui doit assumer sa responsabilité ».

La propriétaire se retourne contre l’agence immobilière

L’agence immobilière Riberoux qui gérait ce bien « devait s’assurer que les conditions de location sont régulières » et pas seulement « se contenter d’encaisser les loyers », a fait valoir l’avocat. Il a demandé que, si sa cliente était condamnée, ce soit à l’agence immobilière de payer.

L’avocate de l’agence Riberoux, Me Céline Lavernoux, a fait valoir la prescription de l’action en responsabilité engagée par la propriétaire, et demandé que soit mise hors de cause l’agence à qui, selon elle, « on ne peut reprocher aucune faute », car elle n’était pas informée de la taille de l’appartement.

Le logement en question était « un placard à balais, une soupente. On peut y stocker des cartons, des balais mais pas des gens », a décrit en marge de l’audience Samuel Mouchard, de la Fondation Abbé Pierre, qui a soutenu l’ex-locataire.

« Ces dernières années, on a accompagné plus d’une centaine de situations similaires de personnes vivant dans moins de 9 m², sachant qu’on ne touche qu’une petite partie » de ces populations, a-t-il ajouté.

Un décret impose une surface habitable d’au moins 9 m²

Selon le décret du 30 janvier 2002, un logement décent doit disposer d’une surface habitable au moins égale à 9 m² et une hauteur sous plafond d’au moins 2,20 m, soit un volume habitable de 20 mètres cubes au minimum.

Comment le locataire a-t-il pu y vivre aussi longtemps ? « On s’habitue », a-t-il répondu à la presse. « Je n’avais pas le choix, sinon je serais allé ailleurs », a-t-il commenté pudiquement.

Il était à l’époque intérimaire, et avait trouvé ce logement en 1995 par l’intermédiaire d’une agence immobilière. La gestion de l’appartement avait ensuite été confiée à d’autres agences, dont la dernière, l’agence Riberoux. Depuis, il vit dans un logement social de 40 m² au loyer moins élevé : « c’est immense », commente-t-il.

En 2010, près de 177.445 logements du parc privé en Île-de-France étaient considérés comme potentiellement indignes (PPPI), selon l’Agence régionale de Santé d’Île-de-France.

Source : LCI.TF1.fr

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